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Le skipper, en 2009, victoire “tour de Bretagne”
Laurent allie jeunesse et expérience.
Ce montpellierain, célibataire de 33 ans, a une formation d’ingénieur.
Depuis près de 15 ans, il navigue.
Il est membre fondateur du Centre d’Entraînement de la Méditerranée qu’il fréquente assiduement.
Aime le ski, le surf, le bricolage et … le bateau Un homme heureux, heureux de vivre, c’est suffisament rare pour se permettre de l’écrire. Il n’y a qu’à l’observer regarder la mer ou la neige, s’en est contagieux.
Demandez lui la lune, il vous répondra qu’il y a forcément quelque chose d’astucieux pour aller la décrocher !
. La transat AG2R : 3 participations
1er en double en 2008,
9ème en 2004
3ème en 1998
. Cap Istanbul 2 participations
2 ème en 2007
4 ème en 2006
. La Solo-med : 6 participations
16ème en 2006
9ème en 2005
8ème en 2004
5ème en 2003.
La Solitaire Afflelou-Le Figaro : 10 participations
18èmeen 2007
16ème en 2006
6ème en 2005 dont une troisième place sur la première étape et vainqueur de la troisième étape
12ème en 2004
8ème en 2003
18ème en 2002
21ème en 2001
15ème et 2d bizuth en 1996
. Le Trophée BPE : 3 participations
15ème en 2007 abandon après une collision avec un cétacée en 2007
5ème en 2003
3ème en 2001 en double et vainqueur de la deuxième étape (Dakar)
. Championnat de France solitaire : 10 participations,
5ème en 2005
16ème en 2004
8ème en 2003
. La route du Ponant : 2 participations,
11ème en 2005
10ème en 2003
. La Roma per 2 :
1er en 2005
. Iles verte-Iles Rousses :
2ème en 2006
___________ Extraits d’un interview
Rappellez nous pourquoi vus aimez tant la voile ?
La mer est pour moi une passion : Comme « ce n’est pas l’homme qui prend la mer, mais la mer qui prend l’homme », je crois que enfant j’ai dû, comme Obélix, « être tombé dedans ». J’aime pourtant aussi la montagne, surtout le ski et le surf, mais la mer c’est mon royaume.
Habitant Montpellier à 8 kilomètres de la grande bleue, je ne vois pas un moment de ma vie sans la mer. Ecole de voile, petit dériveur familial, planche à voile, plongée, puis habitable familial sur lequel on partait en croisière toutes les années et avec lequel j’ai commencé dès 16 ans les régates, enfin le bateau de course de mon oncle que je skippe et qui me permet de travailler.

La mer est devenue mon métier : j’ai fait des études en fac, ensuite une année de 3ème cycle chez le célèbre architecte naval Finot, j’ai un brevet de skipper et depuis je courre.
Les courses en solitaire, comme en équipage, ne sont pas que quelques jours par an.
Il faut être polyvalent : la recherche des sponsors est la plus difficile, car on a aucune formation pour ça, on a l’impression de perdre notre temps et, à part les contacts et relations avec les entreprises, le travail est très ingrat.
La préparation du bateau prend aussi une partie de notre temps : entretien de base, essais de voiles, recherche de l’optimum pour les gréements, pour l’informatique du bateau, pour les communications. J’ai un énorme avantage, c’est que j’ai entièrement et tout seul équipé le bateau, si bien que j’en connais tous les points faibles, les risques de chaque organe. Une énorme dose de bricoleur, mais aussi d’ingéniosité (du mot ingénieur, c’est-à-dire génie) est indispensable, et c’est là que mes formations me servent.
Et les entrainements là-dedans ?
C’est le troisième volet : la préparation autant physique que technique et mentale : je fais partie depuis sa fondation, du centre d’entraînement de la Grande Motte. Avec quelques collègues nous travaillons régulièrement sous forme de stages : entrainement physique, météo, vie de coureur (alimentation, sommeil, santé, sécurité, gestion de stress etc), mise au point d’équipements. Et bien sûr, l’entraînement en régates, en courses par tous les temps, en solitaire ou en équipe de 2. Nous avons tous les mêmes bateaux, des figaro II, nous formons une sacrée équipe à terre, mais comme nous concourrons sur les mêmes courses, en mer, c’est la bagarre !
Mais la mer est-ce un sport ?
Bien sûr la mer est un sport : Nous nous considérons comme des sportifs de « haut niveau » à l’instar des skieurs, des Formules un ou du Tour de France.
La compétition en solitaire, c’est la rage de gagner : gagner bien sûr des courses, c’est le graal de chacun. C’est tellement magique la place de vainqueur. Un nuage, une plénitude, un bonheur parfait.
Mais aussi est surtout, gagner sur soi-même : chercher à réaliser une course « parfaite », ne pas dépasser ses limites, mais arriver à les repousser, utiliser toutes ses capacités et celles du bateau, ses connaissances, gérer sa vie, être responsable de chacun de ses actes. Et en même temps savoir que on n’est qu’un élément d’une équipe : le sponsor qui fait confiance, le centre avec lequel on travaille, l’association des « figaristes » qui permet que la course a lieu, les supporters qui suivent et soutiennent la course et les préparateurs qui doivent penser à tout…
Gagner, ce n’est pas que gagner la course, c’est aussi gagner la confiance en soi et la confiance des autres, c’est gagner sa vie, c’est gagner des connaissances, de l’expérience. Dans la plupart des sports on ne parle pas assez des coureurs qui ne sont pas les « premiers ». Dans les courses des « figaristes », on a établi un classement des « bizuths » (ceux qui concourrent pour la première fois), et à l’intérieur de la course les coureurs se bagarrent à « leur niveau ». On ne parle pas de catégories mais parfois de cadors, de favoris, de top ten, d’outsiders, de professionnels, d’amateurs, de vétérans … Chacun peut donc « gagner », et être fier de sa course.
Quels sont vos meilleurs et vos pires souvenirs ?
Je commence par les pires :
- Près de Marseille je menais une étape et suis tombé dans un trou de vent. Avec un autre bateau nous sommes restés scotchés sur l’eau et les autres tournaient la bouée à quelques dizaines de mètres de nous.
- Cogner un cétacée (baleine ou cachalot ?) en pleine mer lors de ma dernière transat en solitaire, c’est le pire de tout. J’ai cru que j’allais couler, c’était la nuit, dans la tempête !
- des algues sous la quille et ne pas s’en rendre compte. Aussi on se penche souvent pour les enlever.
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- Un cargo qui passe entre 2 bateaux ne se rendant pas compte que des petits voiliers ne bougent pas vite ! d’ailleurs un copain a été touché par ce cargo et a failli couler.
Les meilleurs :
- Je pense bien sûr à mon arrivée en premier en Irlande, quand j’ai vu qu’il n’y avait pas d’autres bateau à quai et que tout le monde était là pour m’accueillir.
- Mais aussi les extraordinaires levers ou couchers de soleil avec des luminosités qui n’existent qu’en mer. Le ciel et la mer sont rouge, vous naviguez sur un océan rouge, avec parfois même des poissons qui sautent ou des dauphins qui jouent avec l’étrave du bateau 
- Naviguer à vue avec d’autres bateaux et les gratter tout doucement l’un après l’autre, preuve qu’on a super bien réglé son bateau.
- Enfin un bon steak et une bière à l’arrivée !
Quels sont vos projets et vos rêves ?
Mes projets pour l’année ?
Après la Transat AG2R, je vais participer à tout le circuit Figaro en solitaire : la course des falaises, la Solitaire du Figaro, et enfin la grande Cap Istanbul en solo.
