Cap Istanbul 08

Troisième rendez vous des grands solitaires figaristes : Cap Istanbul
Pendant trois semaines, cinq étapes sur la grande bleue à tavers les iles mythiques de la Grèce vers les minarets d’Istanbul. C’est la première fois que cette course se fait en solo, mais je l’ai déjà faite 2 fois en double avec d’excellents résultats, : 4ème et 2d. Cette fois-ci le plateau est encore plus relevé : 30 figaristes dont 20 sont capables de gagner et qui plus est, veulent aussi gagner le championnat de France en solitaire !
Chaque jour les classements seront indiqués sur le site capistanbul.com et pour vous je continuerai à raconter la course de “DOCTEUR VALNET” .

Carnet de bord de Laurent 

Samedi 11 octobre : Parade devant Istanbul C’est toujours fantastique, magique, unique, de naviguer sur un Bosphore offert aux figaros, entre l’Occident et l’Orient, les yalis, les minarets, les ponts suspendus sous un soleil estival. Jeudi 9 octobre : une arrivée, en pleine journée, devant les minarets, au milieu des cargos Laurent raconte au téléphone “encore mal parti, sans beaucoup de possibilités de rattraper avec si peu de vent, ne voulant pas risquer une option pouvant être suscidaire, le sud, j’ai passé une nuit à naviguer le mieux possible, mais sans trop d’espoir. Le matin, en fait, j’étais au mimieu des autres et surtout pas loin de Christopher (Pratt) que je voulais marquer. J’ai donc gardé Christopher à vue toute la matinée, mais je voulais aller vers le nord, car je connaissais bien le coin et pensais que c’était le mieux. Je l’ai laché, heureusement, car j’ai récupéré le groupe d’avant et au moins 5 ou 6 places … mon seul regret est de ne pas l’avoir laché plus tôt, car je pensais que la côte était la bonne voie. J’arrive treizième, bien avant Christopher, mais Erwan passe devant moi, il a très bien navigué.
Je suis donc 8ème au général. Heureux de m’être maintenu dans le Top Ten.

Je devrai être 6ème au Championnat de France sauf si le jury applique une pénalité à un certain coureur. Dans ce cas là Nicolas Troussel avance d’une place et me passe devant d’1 point et je serai 7ème, mais toujours dans le Top Ten !”.

Mercredi 8 octobre : dernière étape en mer de Marmara Au cours du passage du détroit des Dardannelles en convoyage, Laurent a dû avoir une pensée émue en souvenir de son arrière grand père qui était sur le dernier bateau ayant passé le détroit, “coiffé à la turque” pour ne pas être attaqué. La course a repris à 17h, par petit vent annonçant un vent faible, dans une zone magnifique à portée de vue de 2 continents.

Mardi 7 octobre : Laurent raconte la 4ème étape L’escale à Agios Nikolaos était parfaite. La ville est très agréable, le port bien proportionné avec toutes les commodités. Le tourisme y est large et j’ai opté pour le palais de Minos sur le site de Cnossos. Jacky et Marithé Tiphaigne sont en vacances en Crête et s’occupent de mon escale avec attention et plaisir. On y est tellement bien que l’on ne peut plus en partir. Nous enchaînerons des retard et reports successifs. Retard pour cause de tempête dans le port, puis report au lendemain matin pour une tempête sur la fenêtre d’arrivée. Le matin, nouveau retard pour laisser passer complètement la tempête et le risque de casse des bateaux. Le départ se fera le soir à 16 heures. Nous avons donc 2 jours de retard sur le programme, il ne nous reste plus de marge disponible avant Istanbul. Pour le départ le vent est très faible et nous aurons du mal à sortir de l’immense baie d’Agios Nikolaos. Effectivement après un départ chaotique, je me retrouve empétolé prés d’Elouda beach et sort de la baie avec les 4 derniers. Ca part mal. Il faut prendre des mesures, s’éloigner de la côte, prendre du large et dans du vent plus fort, avoir le courage d’aller à l’ouest, seul point de salut. Effectivement j’arrive à me remettre dans le paquet et la situation semble bien meilleure à présent. On peut se reposer un peu car dans la nuit ça va forcir. Le vent tourne, et j’envoie le grand spi. Le vent est de travers et pour arriver à faire la route il faut barrer. Le vent monte progressivement et je navigue sur le fil du rasoir. Il faut tenir pour ne pas perdre de terrain, ne pas partir en vrac au risque de déchirer le spi. De plus il faut garder la trajectoire pour passer au vent de petits îlots non éclairés. Les premiers me montrent le chemin. Au petit matin il y a 35 nœuds et je perds le contrôle du bateau. Dans ce vrac je prends la décision d’affaler le spi et d’envoyer le génois directement mais juste après de mettre en même temps le spi lourd et ainsi de pouvoir continuer à attaquer dans la baston. Au niveau de Nexos, le vent est de 40 nœuds et plus, le bateau va à des vitesses folles, il décolle à plus de vingt nœuds, rattrape une vague, plonge dedans, enfourne jusqu’au pied de mat, de l’eau déferle sur tout le pont et m’engloutit, il ressort l’étrave et repart de plus belle. A chaque fois, je me demande si le mat va tenir, si le spi résistera, mais aussi si je réussirai à garder le contrôle du bateau, car au moindre vrac, la casse peut être au rendez-vous, gênant fortement les performances. Finalement aucune sortie de piste avec le bateau, j’ai tenu le choc et contrôler la bête jusqu’au bout, Le vent tourne ensuite et j’affale naturellement le spi. Je range tout et vide le bateau de prés de 80 litres d’eau. La route semble assez directe, je suis en 7ème position, je choisis de me placer au vent de la flotte pour anticiper la future rotation du vent. Au passage de Chios, je gagne du terrain. Mais l’Ile de Psara me barre la route. Le vent tombe, les bateaux rentrent dans la pétole. Je change d’orientation et essaie de contourner l’île par l’ouest. Le vent change souvent de direction et m’entraîne à l’est. J’arrive à passer et le vent d’ouest arrive brutalement et me permets de faire la route à bonne allure. Pendant cette période de pétole, mes adversaires ont pris de l’avance. Je n’ai pas perdu de place mais l’occasion était trop belle d’éviter la zone molle et peut-être de créer la surprise. La nuit nous a permis d’aller vite et d’arriver a Bozcaada au lever du soleil. Avec cette bonne performance, je progresse au classement général mais j’ai 2 loustics au fesses en la personne de Pratt et Tabarly qu’il faudra surveiller sur la dernière étape où le vent ne sera pas forcement au rendez-vous. A bientôt, pour le final.”

Lundi 6 octobre : arrivée 7ème à Boozcaada au téléphone : “pas trop fatigué car j’ai quand même dormi, satisfait même si l’ouest ne m’a pas servi. C’était à tenter et je l’ai tenté en voyant les autres bateaux ralentir. J’ai ralenti aussi, mais j’ai marqué mes poursuivants sans perdre de place (mais j’ai perdu un peu de temps). Il reste encore une étape pour se maintenir dans le top ten et si ce n’est pas joué, c’est malgré tout possible en navigant proprement comme aujourd’hui”.

Dimanche 5 octobre : Laurent raconte au micro sa nuit arrosée 05-10.mp3 Samedi 4 octobre : Départ vers un gros temps ” Enfin la quatrième étape : le moral est remonté, et l’appetit de bien faire est là. Mais le difficile c’est que tous les skippers pensent la même chose, et qu’ils sont tous costauds ! Départ prévu avec petit temps, puis gros temps et enfin vent plus doux sur la fin”.

Vendredi 3 octobre : un “Kadhafi” reporte le départ Breefing et discussions entre skippers. Le départ est reporté à samedi. Le vent portant sera encore variable, et parfois fort. La tempête aura fini de balayer les cyclades, il restera malgré tout une bonne queue de vents. L’étape va être rapide. Mercredi 1 octobre : Laurent raconte la 3ème étape “Une longue étape de plus de 500 milles. Nous partons avec une météo incertaine, il y aura des vents faibles et des pétoles à négocier. Les grands flux d’air ne sont pas au rendez-vous, il n’y a pas de gradient de pression sur la mer ionienne. Deux options se dessinent : la route direct ou une route sud pour prendre un courant d’air qui pourrait durer 24 heures et permettre d’avancer assez loin. Le départ est bon mais le vent a oscillé, ça ne m’est pas favorable. Je passe la bouée de dégagement dans les derniers mais ce n’est pas grave. Direction au sud, les risées me permettent de rattraper beaucoup de monde et de me placer parfaitement dans le rythme des premiers. Quelques bateaux vont très au sud et cela semble un peu trop à mon goût car plus tard il faudra remonter au nord. Tout va bien la première nuit. Mais au matin le vent faiblit un peu. Le classement n’est pas très bon. Dans la matinée le vent s’arrête instantanément. Le spi à contre. 1ère pétole en court. Je vois des bateaux passer dans mon sud : 1 heures plus tard le vent revient et je reprends ma route avec du retard. Le soir le vent tourne un peu, il semble opportun d’empanner et de remonter au nord. En milieu de nuit, je suis au prise avec des vents très changeants et ensuite de la pétole. La 2éme pétole de la course, sûrement celle de trop et en plus sous la pluie. Le vent rentre du nord, et je suis encore plus mal classé. La journée sera dure dans du vent soutenu. J’ai du changé de voiles d’avant. Le bateau tape dur et en plus il pleut de façon continu. Le soir le vent tourne et se calme un peu, je peux mettre le spi dans la nuit pour faire route direct. Au petit matin, nous voyons les côtes de Grèce, des îles et la Crête, c’est magnifique. Je passe le point de passage obligé avant de m’orienter vers l’arrivée encore distante de 110 mille nautique. Je longe les côtes de Crête sous spi par un grand soleil. C’est un temps magnifique par rapport à la journée précédente. Je suis 18ème et risque de le rester. Il me faudra une partie de la nuit pour arriver à 4 heure 30 du matin. C’est un peu la soupe à la grimace. Beaucoup de temps perdu sur les copains. Il va falloir faire avec et se concentrer sur la prochaine étape car en méditerranée tout est possible et je suis encore 8ème au classement général. A bientôt pour la suite de mes aventures.”Mardi 30 septembre Arrivée au milieu de la nuit à la 18ème place mais … 4h après Isabelle ! et surtout 3h après Nicolas. Heureusement que le matelas de la seconde étape était assez consistant, mais il a fondu comme beurre au soleil. Au classement général Laurent ne perd que 2 places (il est 8ème), il a 4h de retard sur Nicolas mais moins de 2h du second. “Plus de droit à l’erreur et jouer serré pour les 2 dernières étapes”, c’est ce que doivent penser Tous les 18 coureurs qui sont à moins de 4h du second car en Méditerranée il semble que tout soit possible et il reste encore 400 miles à parcourir. En Crête, Marie Thé et Jackie Tiphaigne (Cosbionat) sont là pour l’accueillir, le chouchouter et lui remonter le moral.

Lundi 29 septembre : passage de la porte et direction la Crête Remonte en 18ème position, entre 16 et 26 miles avec la première (Isabelle), heureusement seulement 10 à 14 miles avec le gros de la troupe. L’étape est impossible à récupérer, mais la course pousuite, pour avoir le moins de temps de retard au général, est l’objectif prioritaire. Arrivée prévue dans la nuit.

Dimanche 28 septembre : Un changement de cap mal venu La météo est très variable et les zones de vent faible sont toujours dans le nez de laurent : pourquoi ? il nous dira ce qu’il voulait faire en remontant vers le nord alors que les nordistes descendaient. Hier à coté de Nicolas Bérenger, aujourd’hui à presque 20 miles de lui et plongeant jusqu’à la 24ème place du classement . Il reste encore la moitié de l’étape, mais en course poursuite c’est difficile de reprendre des miles.

Samedi 27 septembre : laurent à la vacation : 27-09.mp3 Vendredi 26 septembre : départ de la 3ème étape “Ce sera long et la météo va nous donner du fil à retordre : du vent au départ, mais surement du calme peut être jusqu’au sud du Péloponèse, où il faut passer une porte. Le bateau est bien, j’ai réparé les sempiternelles problèmes d’électronique. je suis bien reposé malgré la virée à Syracuse qui s’est terminée à 1h du matin. heureusement qu’on ne part qu’à 17h. Je vais essayer de bien faire, mais … !”

Jeudi 25 septembre : Laurent revit son étape ‘Nous avons quitté Cagliari pour Marzamemi aprés l’annulation de la régate de l’avant veille. Nous avions miraculeusement retrouvé notre naufragé Chistophe Bouvet. J’ai pris un départ magnifique coté bouée au nez et à la barbe d’Erwan T. Le bateau est passé au ras de la bouée (à 10 cm du balcon arrière) avec les voiles dévantées en bord breton. J’ai enroulé la bouée de dégagement en 3ème place derrière Koné et Luisina. Pour quitter la baie de Caglirie, il fallait sortir par l’extrême est de la baie allant viret proche de la cote et puis en la longeant. Le soir venu, j’avait rattrapé Koné et Luisina et j’étais même momentanement en tête. Cette nuit fut une déception. Beaucoup de mes voisins sont partis en me laissant derriere avec des risées de vent non maîtrisables. Je me suis retrouvé à la 14 ème place avec un peu de retard. La traversée fut paisible sous spi et pilote automatique. Le moral était correcte en pensant qu’il y avait encore à faire. En approche de la Sicile, j’étais à la lutte avec Luisina, Cercle vert et Athema. D’abord dernier, je les ai tous les trois doublés sous spi serré en me placant plus proche de la côte de Sicile. j’ai maintenu ma position jusqu’à l’approche de la porte n°1. La pétole s’installe dans la baie engluant tous les concurrents. Je me glisse entre les concurrents et reste prompt à repartir. Je prends le pari de redemarrer directement avec le spi dès les premiers souffles alors que les autres choisissent dans un premier temp le génois plus facile. J’évitais donc une manoeuvre de spi couteuse en vitesse. Je suis donc le premier à me dégager de cette pétole et passe la porte en 3ème place derrier “Baïko” et “le Comptoir Immobilier”. La pétole aprés la porte laissa le soin aux autres concurrents de me rattraper. De toute façon je cherchais un bogg dans la centrale electronique NKE du bateau qui déclanchait une alarme toutes les 10 minutes. Sous pilote de secours, les recherches faisaient empirer le mal avec une alarme en continue et plus de pilote. L’élément perturbateur était finalement l’afficheur de pied de mat. Aprés une reprogrammation tout était rentré dans l’ordre. La course pouvait reprendre ses droits. Je choisis de m’éloigner de la cote pour trouver un vent plus stable au large sans les coup de pétoles. Dans un vent stable j’ai pu naviguer parrellèle à la côte et identifier les bateaux avançant lentement le long de la Sicile. Bonne opération en cours. Le matin j’étais en 3ème position. La méteo prévoyant du vent du sud, je me suis positionné plus au sud pour faire une meilleure route lorsque le vent tournerait. Les orages prévus sont venus perturber ce joli petit scenario. Le vent du sud ne pouvait s’installer et il fallait faire route dans des vents trés changeant. Nos poursuivants auront plus de difficultés que nous et nous en avons pleinement profité avec mon compagon d’échappé Gildas Mahé que je rattrapais doucement. Le soir en revenant vers la côte, j’étais derrière lui et nous savions que notre situation était positive. Détentu Gildas est allé se reposer. C’est à ce moment là que je l’ai rattrapé et doublé. Il ne restait plus qu’à prendre de bonnes trajectoires en controlant la situation. A la 2ème porte, j’avais 1 mille d’avance. J’ai envoyé le spi, puis le vent a un peu tourné, une fois sous génois, impossible d’attiendre directement la cap suivant. Je tire un contre bord et voit Gildas faire une route plus directe. Nos routes sont convergentes. Je passe 50 metres devant lui. C’est décidé, il reste 10 milles, je vais controler Gildas tout en ne m’éloignant jamais de la côte ou le vent est favorable. S’engage alors une bataille de virements à ras de la côte dont je suis sorti vainqueur en ne laissant aucun pouce de terrain à Gildas. Je pouvais passer la ligne d’arrivé en 2éme place, 1 petite minute devant Gildas. Je fais donc une excellente opération au classement général en étant 6ème et en revenant dans la même heure que le premier. La suite aprés la 3ème étape” Laurent

Mercredi 24 septembre : Une superbe seconde place Un match racing de 24h avec Gildas Mahé, à couteau tiré, à coups de multiples virements de bords synchros, à coups de sommeil repoussé, de réglages fignolés. 4 mm d’écart, c’est à dire même pas une place au général, mais l’honneur d’avoir tenu et d’être second sur le podium. Sixième au général, à moins d’1h de retard sur Nico Béranger, et encore 3 étapes à venir. Tout est possible et dans tous les sens … La course n’est pas jouée, mais l’handicap n’est pas énorme. pour écouter Laurent à son arrivée : 24-09.mp3 ou http://www.capistanbul.com/fr/multimedia_sounds.asp Mardi 23 septembre : Bouée enroulée en troisième position Il a fallu qu’il cravache bien toute la nuit pour récupérer son petit retard sur la tête du peloton. Le sommeil a du être ultra court ! Sa position un peu plus sud que les autres ne va t-elle pas lui jouer un vilain tour ? De toute façon les écarts sont tellement faibles dans le peloton que le classement final n’en sera pas chamboulé ! Il reste encore 100 miles pour arriver au port.

Lundi 22 septembre : Un peloton en chasse d’une nouvelle fusée : le sympathique Antonio Laurent reste au nord du peloton pour essayer d’attraper la bascule qui a propulsé Antonio et pour avoir un meilleur angle avec le vent. Mais le vent favorise le centre … Il est au milieu du tableau. Ecoutez le : 22-09.mp3

Dimanche 21 septembre : “Prêt, partez” “Je vais faire tout ce que je peux, mais il faudra s’extirper de la baie avant de partir pour une étape qui va être rapide au début, puis biscornue en Sicile. Pas de problèmes spéciaux, tout ce qui avait été endommagé est réparé, j’ai prété un spi à Robert (Nagy), le sien n’étant pas encore réparé. Je pars sans traumatisme, mais avec surement un peu plus d’attention à la sécurité.” Bon départ, laurent coupe la ligne en premier, et passe la bouée de dégagement en 3ème position. Mais après il part un peu vers le nord …

Vendredi 19 septembre : la nuit d’un miracle Après un départ correct, en début de nuit Christophe Bouvet tombe à l’eau. Heureusement que Mathieu Girolet a vu son bateau “en vrac” et a appellé le comité de course. Tout le monde est revenu et a sillionné la zone jusqu’à ce qu’il soit retrouvé. C’était rechercher une tête dans une mer formée sous orage méditerranéen ! presque une aiguille dans une botte de foin. Tout le monde rentre au port, assez traumatisés et avec pas mal de dégats sur des montures qu’ils ont volontairement mal menées. Mais le jeu en valait la chandelle.

Mardi 16 septembre : Arrivée de la première étape Un petit train au sud de la Sardaigne en direction de la bouée à virer. Les places varient de 8 à 11, les écarts avec Drouglazet restent importants, Nicolas le poursuit quand même. Passage de la bouée en 11ème position, et décision de rester pas trop loin de la côte. le vent faiblit et la décision a été la bonne car il a récupéré 3 places. Arrivée à 11h11 à Cagliari, à 3h30 de Drouglazet et 2h13 de Nicolas. Le vent est en effet tombé après l’arrivée des 4 premiers ce qui a augmenté les écarts, et plus tard a changé de direction ce qui a avantagé les quelques arrières. “J’étais tellement fatigué en arrivant que je suis allé dormir sans manger !!! Je suis bien parti, j’étais même parfois en tête, j’ai navigué proprement, mais mes 2 options un peu trop “est” m’ont couté malgré tout cher. J’aurai dû, (mais c’est plus facile de refaire la course après) passer devant la flotte lorsque j’étais dans la tête la première nuit, afin d’aller récuperer le mistral. Après je suis allé aussi vite que la plupart et, sans trop savoir comment, je ne suis pas trop tombé dans les “un peu plus molles nord et sud ” de l’arrivée, ce qui m’a fait récupérer 3 places et quelques minutes. Heureusement qu’il reste encore 3 étapes pour “retricoter du temps”, même si la première est assez courte. bonjour à tous et à vendredi pour le nouveau départ”

Lundi 15 septembre : la descente Deuxième au classement du matin, le skipper de Docteur Valnet Aromathérapie nous disait “Je suis bien placé mais encore loin du mistral. C’est la pétole, les voiles claques, le bateau remue dans tous les sens. Je vois Théolia à mes côtés, le premier n’est pas loin et Adrien Hardy est juste derrière. Il y a moins de vent à l’Ouest mais le vent rentrera de ce côté là. Pour nous, à l’Est, ce n’est pas terrible. La situation est délicate, rien n’est gagné. J’ai hâte de retrouver du vent et de pouvoir faire quelques siestons. Mais avant, il faut sortir de ce pot de pue” Il a rajouté aussi que les coups de butoit des vagues mettaient l’electronique en vrac, et que c’était très difficile à manoeuvrer. 15-09.mp3 Le vent est arrivé, comme prévu. Laurent l’a attrapé après tout le monde, mais heureusement est resté proche du groupe de tête car la route la plus directe était bonne. Drouglazet “joue au Troussel” en passant par un trou d’épingle à l’ouest et a trouvé un mistral salvateur. En quelques heures non seulement il a rattrapé le retard mais engrangé de nombreux miles. La suite : une descente rapide en ligne droite vers le sud de la Sardaigne avec des vitesses superbes.

Dimanche 14 septembre : Départ de Nice Sous les yeux de nombreux spectateurs et de bateaux accompagnateurs : un spectacle splendide de tous ces bateaux prêts à gagner leur course à travers une des plus belles mer du monde. Laurent part en 8ème position à la bouée de dégagement. Avant le départ, une tension dans la voix “Le vent au départ sera correct, mais ensuite il va y avoir de la pétole la nuit, puis du mistral. Je crois que je vais suivre les côtes de Corse et de Sardaigne. Mais ce n’est pas gagné et ce sera très difficile !” La fin de journée a bien montré la direction de Laurent : droit sur la Corse, et il est le plus oriental de la flotte. Avant le départ : interview de Laurent Ecouter : 12-09.mp3